Trois entrepreneurs créent le boîtier VigieCovid qui mesure l’affluence d’un lieu en temps réel

Trois entrepreneurs ont élaboré VigieCovid, un boîtier à brancher sur une prise qui mesure l’affluence en temps réel d’un lieu accueillant du public. L’intérêt est grandissant.

Trois entrepreneurs ont développé le boîtier VigieCovid qui mesure l'affluence d'un lieu public en temps réel grâce à la détection des téléphones portables.
Trois entrepreneurs ont développé le boîtier VigieCovid qui mesure l’affluence d’un lieu public en temps réel grâce à la détection des téléphones portables. (©illustration / Adobe stock)

Sortir ou ne pas sortir, telle est la question, en cette période où les contaminations à la Covid-19 repartent à la hausse, en Normandie et en France. La distance physique d’un mètre n’est pas toujours respectée, voire est difficile à faire respecter selon les configurations des espaces, et c’est sur ce point que connaître l’affluence dans un lieu donné a son intérêt, selon trois entrepreneurs.

« Choisir le meilleur moment »

Louis-Jacques Virgona et Guillaume Lebret, tous deux Normands, ont développé avec leur autre associé, Éric Coatantiec, résidant à Toulouse (Haute-Garonne), le boîtier VigieCovid. Le produit est l’évolution d’un premier, créé en 2013, qui indiquait alors les tendances de la fréquentation d’un espace, public ou privé, selon son historique et les habitudes de ses clients. La technologie VigieCovid, élaborée en juin 2020, au sortir du confinement, permet désormais de mesurer en temps réel l’affluence. 

Le boîtier, à brancher simplement sur une prise, a un champ d'analyse qui couvre jusqu'à 25 mètres autour de lui.
Le boîtier, à brancher simplement sur une prise, a un champ d’analyse qui couvre jusqu’à 25 mètres autour de lui. (©VigieCovid)

« On s’est demandé : ‘Peut-on anticiper la présence de monde ou non ?’ Voir l’affluence en temps réel permet de s’adapter, de choisir quel est le meilleur moment », explique Éric Coatantiec, diplômé de la Toulouse business school. La salle de sport Orange Bleue, au Petit-Quevilly, près de Rouen (Seine-Maritime), s’est ainsi dotée du système.

« Le gérant, Stéphane Hurard, nous a dit que les adhérents ne venaient plus, par peur de contracter le virus. Maintenant, ils peuvent non seulement voir la fréquentation du lieu sur sa page Facebook, mais aussi la tendance sur les jours qui vont suivre. »

Et ça a changé la donne, comme l’explique Stéphane Hurard lui-même. « Des adhérents craintifs sont revenus au club, justement parce qu’ils pouvaient voir, sur notre page Facebook qui est très consultée, si les appareils étaient libres ou non. Ça a relancé une dynamique, dans cette ambiance de psychose. » 

Des grandes chaînes de restauration intéressées

Le boîtier, simplement branché sur une prise, fonctionne via la détection des téléphones, selon la réglementation stricte de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui garantit l’anonymisation des propriétaires. « On ne remonte jamais jusqu’à la personne. On ne sait pas s’il y a une femme, deux hommes, par exemple, mais seulement qu’il y trois personnes sur place. » Le champ d’analyse du boîtier VigieCovid s’étend jusqu’à 25 mètres autour de lui.

« Il alimente un graphique [celui-là même qui apparaît sur la page Facebook ou le site d’un lieu en particulier, NDLR], qui se met automatiquement à jour quand un nouveau signal est détecté. » Pour le reste du temps, il est possible de consulter des courbes d’activité « types », que la version originale du boîtier proposait déjà.

Les trois associés ambitionnent d’installer leur produit dans les « endroits qui reçoivent du public », qu’il s’agisse des commerces, restaurants, bibliothèques ou encore des piscines.

Ils sont pour l’heure en contact avec la Métropole Rouen Normandie, l’Agence régionale de santé Île-de-France, qui a validé l’expérimentation, et des grandes chaînes de restauration. Il faut compter 2 300 euros par équipement muni de la mesure d’affluence en temps réel, qui oscille entre « très faible » et « très forte ».