Les centres-villes du futur : comment y arriver ?

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Les communes urbaines sont au cœur du dynamisme hexagonal. Elles concentrent près des trois quarts de la population et environ les quatre cinquièmes des activités secondaires et tertiaires. Il existe actuellement en France plus de 1000 villes de plus de 10 000 habitants. Elles représentent, sur le plan économique un dynamisme important, et la pérennité et le maintient de la vitalité des centres-villes est un enjeu majeur. Encore plus depuis la pandémie à laquelle il a fallu faire face.

Forte de sa connaissance des problématiques liées à la mesure des flux de piétons au sein des collectivités, Trencube a collecté auprès de 717 acteurs majeurs des villes leurs réflexions sur l’avenir du commerce de centre-ville. Ces acteurs sont des managers de centre-ville, des responsables de l’attractivité et du commerce, des responsables chargés du développement Économique, et des élus.

Quels sont leurs préoccupations ? De quels atouts disposent-ils pour maintenir l’activité ? Quels sont leurs points faibles ? Autant de question auxquelles ces décideurs ont accepté de répondre.

Les axes de travail pour les centres-villes

Globalement, il en ressort des attentes qui reposent sur plusieurs aspects à niveau local :

Les conditions socio-économiques : comment améliorer et maintenir la situation
L’activité en centre-ville versus en périphérie : équilibrer les forces économiques pour conserver un centre-ville vivant
La croissance démographique : accueillir, permettre et faciliter les déplacements
La construction de logements et loyers : favoriser l’accueil et l’insertion des nouveaux arrivants (habitants et des nouveaux commerces)
Le taux de chômage et les créations d’emplois : agir sur le dynamisme économique

Rendre possible la poursuite de l’expansion dans les prochaines années

Il s’agit pour les décideurs de réfléchir la situation au quotidien, mais aussi à ce qui va arriver dans les prochaines années. Repenser les nouveaux quartiers émergents à proximité des axes routiers passants, ou des lieux de convergence tels que les gares ferroviaires, pour accueillir les voyageurs, les travailleurs quotidiens, les nouveaux habitants, tout en conservant l’attractivité et la qualité de vie.

Selon les cas certaines entreprises peuvent être amenées à déménager dans d’autres localités afin de poursuivre leur développement. Les activités industrielles sont difficilement compatibles avec les zones d’habitation denses ou de trop faibles zones d’accessibilité. A l’inverse, les entreprises du tertiaire comme le commerce recherchent des zones de forte affluence.

Les collectivités doivent relever de nombreux défis pour accompagner le dynamisme de la ville. L’aménagement du territoire, la mobilité et les infrastructures, en particulier sportives et scolaires, constituent des axes importants. Ce choix est révélateur des préoccupations de la population qui estime que la croissance actuelle, mal gérée, est nocive à la qualité de vie.

Le fait que les rues secondaires soient mises à l’épreuve est désormais largement compris. Une seule artère commerçante ne suffit plus à attirer les consommateurs dans les centres-villes. Les dernières données font état d’une baisse de la fréquentation des rues. Les fermetures de commerces de détail continuent. Cependant, une analyse plus approfondie des données de fréquentation démontre que le déclin n’est pas universel. Certaines rues secondaires maintiennent ou même augmentent les niveaux de fréquentation. Ceci est intéressant car les composants de base d’une rue principale sont assez standards (par exemple, les magasins et les services). Leur fonction est commune, à savoir répondre aux besoins de leur clientèle. Alors pourquoi certaines prospèrent-elles alors que d’autres sont en difficulté ? L’analyse les flux des personnes, propre à chaque ville permet d’obtenir des éléments de réponse.

Grâce à des relevés de mesure d’affluence, mais également avec le retour des acteurs sur le terrain aide à comprendre les problèmes d’attractivité dans les rues.

L’évolution des modes de consommation permettent également d’identifier des perspectives et des tendances sur ce que pourrait être le commerce de centre ville dans 10 ans. Des changements nécessaires suite à la pandémie. L’exemple de la vente en ligne (e-commerce) apparaît clairement dans les nouvelles attentes des consommateurs.

Les centres-villes pourraient également changer en créant davantage d’expériences, ce dont les jeunes (millennials) se font l’écho. Les attentes sont de l’ordre d’une meilleure accessibilité du centre-ville, et plus respectueuse de l’environnement, de nouveaux espaces ou zones publics, de centres mieux adaptés aux personnes âgées, de services plus centraux, d’une vie en centre-ville mais aussi de lieux de divertissement et de loisirs.

Il est clair que si le commerce de détail est toujours considéré comme un élément important pour l’avenir de la rue principale pour les consommateurs (toutes générations confondues), ils considèrent également que les rues principales doivent offrir d’autres activités au service de la communauté. Ce sont des lieux où les expériences individuelles et collectives doivent se produire.

L’étude a démontré que l’action locale est essentielle à l’efficacité de l’amélioration du centre-ville.

La diversité des villes et les différents problèmes auxquels elles sont confrontées diffèrent, mais il existe certains principes fondamentaux qui peuvent s’appliquer à tous les lieux. Ces principes sont les suivants :

  1. Les lieux ont besoin de leadership et de partenariats : ces éléments font défaut dans de nombreux endroits, mais un leadership réussi au travers de partenariats fait une réelle différence. Le leadership local est une approche collaborative qui doit évoluer et s’adapter aux changements de circonstances. Il s’agit davantage d’un réseau que d’une hiérarchie, mais les responsables de lieux, agissant ensemble, réalisent le changement.
  2. Les lieux doivent combiner les connaissances locales et les connaissances spécialisées : des problèmes locaux et mondiaux ont un impact sur les rues principales. Dans de trop nombreux cas, les villes font de mauvais choix, en adaptant quelque chose qui a fonctionné ailleurs alors que ce n’est peut-être pas approprié à leur situation. Il est essentiel d’avoir une bonne connaissance des données et des performances locales et de travailler avec des experts pour les comprendre afin de prendre des décisions judicieuses pour l’avenir.
  3. Les lieux ont besoin d’une communication fluide : Avec les nouvelles technologies, nous n’avons plus d’excuse pour ne pas communiquer. Les informations, connaissances, idées, données, plans, réalisations et problèmes peuvent être partagés et discutés comme jamais auparavant. Nous en avons vu d’excellents exemples dans certains des ateliers. La communication sous-tend et recrée constamment la marque de la ville et les perceptions des visiteurs, investisseurs et résidents potentiels. Un bon leadership local facilite activement la communication.
  4. Les lieux ont besoin de la contribution de leurs jeunes : Les rues principales seront bientôt leurs rues principales. Les jeunes ont une contribution précieuse à apporter à l’évolution et au développement de leurs centres-villes. Le Teenage Market est un modèle qui va dans ce sens, mais il reste encore beaucoup à faire.
  5. Les lieux doivent être desservis par des professionnels du lieu : Les rues principales sont des lieux complexes et contestés. Les collectivités, par l’intermédiaire des manager de centre-ville travaillent en cohésion avec tous les acteurs concernés (publics et privés) dans l’intérêt à long terme du lieu, en suscitant la confiance, en recherchant des connaissances et en communiquant avec tous pour fournir un soutien professionnel au changement du lieu.

Quelles sont les tendances à venir ?

Les principales attentes des citoyens consommateurs peuvent se traduire selon le tableau ci-dessous.

Attentes des consommateurs citoyens :

Situation actuelle

Actions à mener par les collectivités Attentes :

Situation future

Actions à mener par les collectivités
Commerçants indépendants Maintenir l’équilibre Chaînes de magasins versus magasins indépendants Commerces offrant une « expérience » Offrir une expérience dans les centres-villes
Atmosphère communautaire Expérience / réseaux et partenariats Meilleure accessibilité Politique de la ville ; Accessibilité
Lieux de loisirs et de détentes Politique de la ville ; Divertissement et loisirs / expérience Moins de voitures et d’embouteillages dans le centre Possibilité de marcher
Préserver les espaces verts, diminuer le « tout béton » Politique de la ville ; Espace de loisirs et de détente Une offre de divertissement et de loisirs plus diversifiée (cafés, bars, restaurants, jeux pour enfants, musées, marchés, théâtre) en plus des espaces verts Politique de la ville ; Expérience
Zones de parking Politique de la ville ; Accessibilité Une meilleure connectivité à l’intérieur et à l’extérieur du centre. Stationnement autour des points de connectivité Politique de la ville ; Accessibilité

Que veulent les gens dans leur centre-ville ?

Il existe des caractéristiques communes que les gens apprécient déjà et qu’ils ne voudraient pas voir remplacées. Les commerçants indépendants sont les plus souvent cités. En revanche, certaines caractéristiques sont uniques à des endroits spécifiques, comme certains parcs et jardins, qui sont considérés comme des attractions importantes. Cela renforce la nécessité d’ancrer les approches globales de l’amélioration des rues principales et des centres-villes dans un contexte local. Trop de rapports sur ce à quoi devrait ressembler la rue principale du futur, partent du principe qu’il n’existe qu’un seul type de rue principale, reproduit dans toutes les villes.

Souvent, les gens choisissent de vivre ou de faire leurs courses dans des endroits particuliers en raison d’un certain degré de spécificité. Les motivations des consommateurs sont relativement stables dans le temps. Le consommateur jusqu’à la fin de la décennie imagine qu’il voudra manger et boire des choses agréables ; Se trouver dans un environnement agréable ; Avoir accès aux choses dont il a besoin ; Être attiré par quelque chose d’un peu différent parfois ; Ne pas perdre trop de temps à se déplacer et se sentir en sécurité…. Comme le consommateur de 2010, ou même de 1990…

Ceci illustre un point important. Les recherches existantes nous indiquent ce qui rendra les centres-villes plus vitaux et plus viables, aujourd’hui et à l’avenir. Les données recueillies montrent que les « heures d’activité » (heures d’ouverture des commerces), sont souvent loin d’être « optimales ». L’évolution de la technologie et de la société signifie que les horaires d’ouverture traditionnels de 9h à 18h doivent être adaptés dans un plus grand nombre d’endroits, et soutenir cette évolution pourrait être un gain rapide dans de nombreux endroits.

Le besoin d’une atmosphère vivante

Il est également clair qu’avec les nouvelles générations, adolescents – futurs adultes, les attentes pour les centres-villes devront se faire avec une atmosphère vivante telle qu’il se produit lors d’événements festifs. Il s’agit de répondre aux besoins en termes d’expérience ;  Les divertissements, la musique et les rencontres actives entre les commerçants et les clients potentiels sont des moments de vie et d’interactions animées

En effet, le divertissement et les loisirs sont un moyen important de renforcer la vitalité et la viabilité des centres. L’exemple de certains marché avec de la musique diffusée par les haut-parleurs, et avec éventuellement des animateurs permettent d’animer la foule. La musique contribue à créer une atmosphère agréable, propice à l’achat.

Les passants s’attardent plus longtemps dans l’espace public en cas d’animation.

Authenticité et besoin d’un artisanat d’art

Il est également évident, d’après les données récoltées, que la nature artisanale des articles proposés sur les marchés est particulièrement appréciée par les acheteurs, contrairement aux marchandises plus génériques que l’on trouve régulièrement dans les grands magasins ou les franchises.

Les marchés sont dès lors plus attrayant que les magasins conventionnels. L’artisanat devient une expérience positive, en partie motivée par le fait qu’il s’agit d’articles uniques vendus.

 

En conclusion

Une bonne prise de décision concernant l’évolution des centres-villes nécessite une combinaison de connaissances d’experts (extérieurs), de connaissances locales et de données objectives (mesurer les flux piétons).

Les solutions qui fonctionnent dans une ville ne peuvent pas toujours convenir ailleurs. Les connaissances locales sont nécessaires pour délibérer, critiquer et évaluer les idées et les conseils. Les données locales, comme la fréquentation, sont essentielles pour comprendre les fonctions et les performances fondamentales de la ville. Cela permet de développer des bases de référence et de suivre les progrès. Les projets et les idées peuvent être pilotés et testés. Les plans peuvent ensuite être adaptés et modifiés. Le processus de travail de cette manière crée de nouvelles connaissances précieuses, et un sentiment de confiance dans les décisions qui sont prises en les utilisant.

 

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